Tensions dans la branche Optique : Le ROF bloque l’extension de l’accord sur les salaires

Une opposition systématique du ROF

Une nouvelle fois, le ROF, fédération patronale majoritaire dans la branche de l’optique-lunetterie de détail (IDCC 1431), s’oppose à ce qu’un accord salaires signé par la FNOF (fédération patronale minoritaire) et par 4 des 5 OS représentatives, entre en vigueur au profit de tous les salariés de la branche.

Ce scénario de blocage n’est pas inédit puisqu’il s’est déjà produit à deux reprises par le passé :

  • En juillet 2022 ;
  • En mars 2023.

Les Organisations Syndicales ont encore une fois signé un accord présenté valablement par la FNOF. Celle-ci porte la voix des petites et moyennes entreprises du secteur, sachant que 96% des entreprises sont des TPE et que 95,4% des salariés travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés.

De son côté, le ROF présente cet accord signé comme un « échec des négociations », sous prétexte qu’il n’y a pas eu de position patronale commune.

La bataille des chiffres : Propositions FNOF vs ROF

Le ROF estime avoir répondu à la majorité de nos demandes, mais en excluant l’essentiel : la revalorisation salariale des salariés de la branche qui n’a pas bougé depuis septembre 2023.

Le désaccord porte sur des écarts significatifs de propositions :

  • Proposition du ROF : Une augmentation des minimas de salaires conventionnels plafonnée entre 1,68% et 2,03% par rapport à la grille en vigueur.
  • Proposition de la FNOF (signée) : Une augmentation située entre 2,5% et 3%, allant jusqu’à +3,30% pour le 1er niveau de la grille des professionnels de santé.

L’UNSA Fédération Commerces & Services a joué son rôle en signant majoritairement la proposition de la FNOF en faveur des salariés. L’interrogation demeure : comment imaginer que cette augmentation ne soit pas assumable par les grandes entreprises du secteur, alors que les TPE et PME la revendiquent à travers leurs représentants ?

Si le ROF s’oppose à la procédure d’extension, c’est parce que les grandes entreprises qu’il représente ont jugé cet accord « déséquilibré » par rapport à leurs marges et à leurs profits, bien que le secteur de l’optique ne soit pas en difficulté.

Rupture du dialogue social en janvier 2026

Les Organisations Syndicales de Salariés (OSS) de la branche CCN OL ont demandé expressément au ROF, lors de la séance du 22 janvier 2026, de ne pas s’opposer à l’extension de cet accord sur les minimas de salaires. Elles demandaient le respect de la clôture des négociations annuelles, invitant le ROF à accepter que sa proposition n’ait pas été retenue car nettement inférieure à celle de la FNOF.

Le ROF ayant refusé cette demande, nous avons dû quitter la table des négociations dans l’attente d’un véritable dialogue, social et loyal.