Form prof n° 162 : l’actualité de la formation professionnelle vue par l’UNSA

 
Le trimestriel Form prof n° 162 consacré à la Formation Professionnelle vient de sortir.

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Sommaire

• Le volet Formation du projet de loi en débat
• Les « derniers travaux » du CNEFOP
• L’AFEST ou le récit d’une expérimentation réussie
• Réforme de l’apprentissage

Éditorial du "Form prof" n° 162

Le projet de Loi « Pour choisir son avenir professionnel » a été examiné par le Sénat
fin juin. Le texte final en procédure accélérée (une seule lecture au lieu de deux par
l’Assemblée nationale et le Sénat) devrait être adopté au cours de l’été.

La méthode adoptée par le gouvernement, l’absence de dialogue sur les transformations envisagées, notamment sur l’articulation nationale et régionale de la gouvernance, le « flou » persistant (de nombreux points seront précisés par décret) nous interrogent et sont source d’inquiétudes.

Simplifier le système de la formation professionnelle (initiale et continue), réformer
pour cela sa gouvernance et ses financements, en adoptant le principe d’une collecte
unique confiée aux URSSAF, ne nous posent pas de problèmes de fond.

À la condition cependant que cela permette au final de réels progrès, pour faciliter l’accès de tous les actifs à la formation, tout au long de leur vie professionnelle, et sécuriser ainsi leurs parcours personnels et professionnels.

Dans cette logique, après les ordonnances travail qui ont donné plus de flexibilité aux
entreprises, c’est l’accompagnement des actifs tout au long de leur vie professionnelle qui devrait être privilégié pour plus de sécurité.

Or, ce n’est pas le cas objectivement dans le projet de Loi, contrairement à l’ANI de février qui mettait l’accent sur cette nécessité de mieux accompagner les actifs et en priorité les publics les plus fragilisés dans l’emploi, les moins qualifiés.

Le choix de monétiser le CPF, pour lequel l’UNSA est opposée, va laisser l’individu isolé, sans conseils appropriés et risque donc d’accentuer à nouveau l’écart entre ceux qui savent gérer leurs parcours (les plus diplômés) et les autres, en accroissant les inégalités déjà existantes !

Par ailleurs, les transformations envisagées vont avoir des impacts sur de nombreuses structures (OPCA, OPACIF et FONGECIF, Chambres consulaires, etc…), les risques de « dommages collatéraux » dans les prochains mois, notamment en termes d’emploi, s’avèrent donc relativement importants.

Pour finir, l’évolution à marche forcée des OPCA en Opérateurs de Compétences, sur
un modèle en réflexion en parallèle de la restructuration des branches, apporte une
incertitude supplémentaire sur l’aspect opérationnel du système dès le 1er janvier 2019.

Le gouvernement va-t-il s’obstiner à complexifier pour les actifs… ce qu’il devait
simplifier ? Affaire à suivre ces prochaines semaines dans le débat parlementaire…

Form prof 162

Vanessa JEREB
Secrétaire nationale