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Le délégué du personnel

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Les délégués du personnel sont une institution représentative des salariés en France, créée en 1936 par le Front populaire. Supprimés sous le régime de Vichy, ils ont été rétablis par la loi du 16 avril 1946.

Champ d’application

Tous les employeurs de droit privé (entreprise individuelle, société, association…), ainsi que certains établissements du secteur public, sont soumis à l’obligation d’organiser les élections des délégués du personnel, dès lors qu’ils atteignent au moins 11 salariés. Cet effectif doit être atteint pendant 12 mois, consécutifs ou non, au cours des 3 années précédant la date des élections.

Dans les établissements de onze salariés et plus, les délégués du personnel (DP) sont élus tous les quatre ans, en même temps, depuis 1993, que les représentants du personnel au comité d’entreprise, s’il y a lieu.

Fonctions

Leurs missions sont :

Représenter le personnel devant l’employeur ou son représentant et lui faire part des réclamations individuelles ou collectives relatives aux salariés, à l’hygiène, à la sécurité, à l’application du code du travail, des autres lois sociales, de la convention collective et des éventuels accords d’entreprise, des usages de la profession et de l’entreprise. Cela se fait généralement lors des réunions mensuelles entre les délégués et l’employeur.

 

Saisir l’inspecteur du travail de toutes les plaintes et observations relatives à l’application des lois et règlements dont il est chargé d’assurer le contrôle. Ils en sont des interlocuteurs privilégiés et peuvent, s’ils le souhaitent, l’accompagner lors de ses visites dans l’entreprise.

 

Faire des suggestions concernant l’organisation générale de l’entreprise.

 

Assister les salariés qui en font la demande lors de leurs entretiens avec l’employeur lors d’une procédure disciplinaire ou l’entretien préalable au licenciement, y favoriser la conciliation entre les deux parties et, éventuellement, de rapporter en justice leur témoignage du déroulement de ces entretiens.

 

Lorsqu’il y a carence de comité d’entreprise : Etre consultés sur tout ce qui concerne les licenciements économiques, la durée du travail (heures supplémentaires, modulation et cycles, horaires individualisés) et la formation professionnelle. L’employeur doit également demander leur avis pour ce qui concerne la fixation des départs en congés.

 

Prérogatives

Réunions mensuelles

L’employeur a l’obligation légale de convoquer les délégués du personnel au moins une fois par mois. La loi n’instituant aucune dérogation au principe de la réunion mensuelle, l’inobservation de cette obligation ne peut être justifiée, hors le cas de force majeure, que si elle a pour cause le refus ou la défection du délégué lui-même. Le défaut volontaire d’organisation mensuelle de ces réunions est constitutif du délit d’entrave.

Les délégués du personnel formulent leurs demandes qui sont consignées sur un registre et transmises à l’employeur au moins deux jours avant chaque réunion. Elles sont discutées en réunion, et l’employeur doit y répondre par écrit dans les six jours. Les réponses motivées sont portées dans le registre, qui doit être tenu à la disposition du personnel selon certaines conditions, ainsi que de l’inspecteur du travail.

 

Liberté de mouvements

Ils disposent de la liberté de déplacement dans l’entreprise pendant et en dehors de leurs heures de travail (lors des heures de délégation) afin en particulier de rencontrer leurs collègues, et à condition de ne pas « causer de gêne importante ». Ils peuvent également, durant les heures de délégation, se déplacer hors de l’entreprise, par exemple pour se rendre dans les bureaux de l’inspection du travail, ou tout autre missions concernant ses attributions.

 

Droit d’alerte

Les délégués du personnel disposent en outre d’un droit d’alerte. Ainsi, si un délégué du personnel constate, notamment par l’intermédiaire d’un salarié, qu’il existe dans l’entreprise une atteinte injustifiée aux droits des personnes, à leur santé physique ou mentale, ou aux libertés individuelles, il en avise immédiatement l’employeur. Celui-ci procède ou fait procéder à une enquête. En cas de carence de l’employeur ou de divergence sur la réalité de cette atteinte, le salarié (ou le délégué si le salarié concerné averti par écrit ne s’y oppose pas) saisit le conseil de prud’hommes qui statue selon la procédure de référé. Le juge peut ordonner sous astreinte toutes mesures de nature à faire cesser cette atteinte.

Depuis la loi du 17 janvier 2002, la procédure d’alerte des délégués du personnel en cas d’atteinte aux droits des personnes ou aux libertés individuelles est étendue aux cas d’atteinte à la « santé physique et mentale » des salariés. Le délégué du personnel peut donc utiliser son droit d’alerte en présence d’une situation de harcèlement moral.